Éditorial :
Élections dans la FPH
Parier sur l’intelligence et l’efficacité
Les résultats officiels du premier tour ont été annoncés,
le 7 novembre 2003, par M. Couty. Sur 706 796 électeurs inscrits –
dont 64 779 en catégorie A (9,16 %), 253 180 en catégorie B (35,82
%) et 388 837 en catégorie C (55,01 %) –, 433 587 se sont
exprimés, soit un taux de participation de 61,35 % (- 2,7 % par
rapport au précédent scrutin)et seulement de 58,52 %, (- 2,82 %)
avec les votes valablement exprimés. La CFDT obtient 24,24 % des
suffrages, au lieu de 28,63 % en 1999 (-4,39 %).
On sait que les enjeux de ces élections sont importants
puisqu’il s’agit de mesurer notre audience et notre
représentativité dans la FPH, qui constitue un peu moins de la
moitié du champ fédéral.
Les premiers chiffres montrent qu’il n’y a que 4 775
inscrits de plus qu’en 1999. Il aurait dû y en avoir beaucoup
plus, compte tenu des créations d’emplois liés à la RTT, soit
environ 34 000 en 2002 et 2003. Une partie de la différence se
trouve sans doute dans les emplois contractuels, mais pas la
totalité. Où est donc passé l’argent qui devait financer ces
emplois non contractuels ? Cela ressemble à un réel détournement
de fonds, car on peut raisonnablement penser que l’argent a été
utilisé pour autre chose que créer des emplois. Le vrai scandale,
c’est qu’il n’existe aucun contrôle de l’utilisation des crédits !
L’augmentation des effectifs en catégorie A (+ 6 %) et la
baisse en catégorie B (- 5,86 %) sont liées au transfert des
cadres de santé et des infirmiers spécialisés. Mais là encore, on
peut constater un différentiel qui n’est pas de nature à nous
rassurer. En effet, tout se passe comme si les ajustements
économiques des établissements se réalisaient au détriment de
l’emploi, et surtout de l’emploi soignant. Il n’est donc pas
étonnant que les conditions de travail se dégradent et que le
malaise perdure.
Sans aucun doute aussi, le poids du dossier retraite – qui
a contribué à brouiller l’image de la CFDT – n’est pas à négliger,
même si une analyse plus fine s’impose car les résultats sont
inégaux.
La baisse de la CFDT de 4,39 %, par rapport aux élection de
1999, est sans doute, en partie, liée à ces deux dossiers.
Enfin, si le type de syndicalisme que nous
pratiquons trouve sa place dans les établissements petits et
moyens, ce n’est pas le cas dans les grosses structures. Nous
devrons en tenir compte à l’avenir. Une analyse plus précise devra
être faite après les résultats du deuxième tour.
Quoi qu’il en soit, face à la désinformation, la violence,
les équipes CFDT n’ont pas failli. Il a fallu beaucoup de courage
pour affronter les mensonges et les propos calomnieux, véhiculés
par tous les détracteurs, et aller vers les salariés. Maintenant,
le plus difficile, après les déceptions légitimes, sera de ne pas
céder aux sirènes du radicalisme ou de la démagogie. Ensemble,
nous pouvons passer ce cap et renouer avec le succès. Pour cela,
un seul pari possible : celui de l’intelligence et de l’efficacité
! À tous, merci.
Yolande Briand
secrétaire générale