mis à jour 15 octobre 2004

 

Syndicat du Finistère (29)

Faire face

aux violences

 

Faire équipe, c’est la meilleure parade contre les violences au travail… Andrée Gourret et Denis Théréné* du SD 29 se sont appliqués à le démontrer à l’aide d’un diaporama-synthèse réalisé par leur groupe de travail. En voici ces grandes lignes. 

L’étude menée concerne les violences subies par les travailleurs sociaux. Les établissements sociaux ou médico-sociaux accueillent toutes les populations en difficulté : enfants, adolescents, adultes. Ils prennent en charge le handicap et l’inadaptation sociale.

Le groupe de travail a fait un recensement des violences. Il s’agit de :

  • violences verbales : menaces diverses, menaces de mort… ;

  • violences physiques : coups avec objets (téléphone…), tentative d’immolation ;

  • vols, dégradation de véhicules.

Les violences représentent la transgression de normes partagées au sein d’une culture commune ; un passage à l’acte (moyen de pression, d’expression ou de protection).Elles concernent :

  • l’entreprise où elles s’exercent ;

  • la victime qui subit des impacts d’ordre psychologique ou social ;

  • l’auteur qui doit rendre des comptes ;

  • la justice, parce que l’entreprise n’est pas une zone de non-droit.

Pour les salariés, elles signifient :

  • des interférences importantes avec la vie privée ;

  • l’impression de revivre le traumatisme ;

  • l’adoption d’une conduite de fuite ;

  • le doute sur soi, la culpabilisation, la perte d’identité professionnelle, le risque ou la crainte d’être stigmatisé comme le fauteur de troubles ;

  • le risque d’adopter une conduite agressive ;

  • le repli sur soi et le refus d’en parler (la « peur au ventre »).

La violence provient des jeunes et aussi des familles (opposées par exemple aux décisions de placement).

Mais il existe aussi une violence institutionnelle : non prise en charge de la violence, face à face entre professionnels et usagers.

Les violences au travail se situent dans un contexte particulier d’aggravation des pathologies. L’éclatement des familles, le contexte socio-économique, la place de la parole de l’enfant, le rôle des médias dans le traitement des faits divers et le désengagement de l’État, participent du phénomène dans les domaines de l’éducation, de la justice et des soins.

Une question se pose : y a-t-il adéquation entre ces réalités et le quotidien des professionnels : cadre législatif, formations, moyens et encadrement, structures et projets éducatifs, travail en réseau ? 

Un acte de prévention. Parler d’un incident, c’est :

  • crever un abcès ;

  • faire confiance ;

  • refuser d’assumer seul et s’en remettre au collectif ;

  • se battre contre la culpabilisation ;

  • s’engager dans une démarche qui servira à d’autres.

C’est aussi ramener la loi dans l’entreprise (dépôt de plainte). C’est remettre l’employeur dans son obligation de protection de la santé et de la sécurité des salariés et, enfin, positionner la victime comme ayant des droits et l’auteur, des devoirs.

Chacun doit assumer son rôle. Le phénomène doit être pris en compte par les employeurs et les salariés (ne pas oublier leurs droits !).

Après le diagnostic, la phase suivante est la négociation d’un protocole dans chaque établissement (fiches, ressources, spécificités, différences…). Il s’agit d’une marche à suivre en cas de violences. Cela sous-entend :

  • une démarche à s’approprier collectivement par les IRP et la section ;

  • un outil à adapter à la réalité du lieu ;

  • une négociation à engager avec l’employeur ;

  • un réseau interne et externe  ;

  • un processus à appliquer, un suivi à assurer (une vigilance à entretenir),

  • une procédure à améliorer et un savoir-faire à partager.

Un processus sur le long terme en somme ! 

* Responsables du secteur social au SD 29.

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