La fédération santé sociaux CFDT a rassemblé près d’un millier de militants et d’adhérents le 14 septembre au cirque d’hiver de Paris. Yolande BRIAND a introduit le débat avant de donner la parole aux équipes puis à la table ronde de l’après midi. Un rendez-vous réussi pour renforcer la dynamique en faveur de l’amélioration des conditions de travail. (retrouvez ci-dessous l'introduction par la secrétaire générale) La totalité de notre champ professionnel sanitaire, social et médico-social, public ou privé, connaît depuis une vingtaine d’années des modifications importantes, pas toujours visibles immédiatement et pas toujours lisibles non plus. Force est de constater que ces transformations connaissent une accélération depuis le début de l’année 2002, en effet :
Ces changements interviennent dans un contexte de rationalisation des dépenses d’assurance maladie, de réduction des budgets de l’État et de transfert vers les collectivités territoriales, avec des productions de normes de qualité extrêmement contraignantes. Il s’agit de diminuer les coûts de production, tout en respectant les normes de qualité : quand on sait que les effectifs pèsent pour près de 70 % dans les dépenses de fonctionnement, on voit vite où sont les marges de manœuvre ! Tous les ingrédients sont présents pour une transformation en profondeur, dans l’organisation de nos établissements et services, mais aussi dans la manière de « produire des soins et des services ». Dans le même temps, le changement culturel est en route et, désormais, nous ne sommes plus surpris d’entendre, dans nos champs professionnels jusque-là relativement épargnés, des expressions comme « augmenter la productivité ! » ou « on travaille à flux tendu ! ». Les expériences qui sont relatées (exposées le 14 septembre au matin) sont le fruit du travail de quelques équipes. Nous aurions pu en prendre d’autres, tant la panoplie est étendue. Qu’il s’agisse de réduction du temps de travail, d’absentéisme, de violence, de restructuration d’établissements, de solitude dans l’exercice professionnel ou de projet social, chaque équipe est intervenue sur un thème particulier. Mais nous savons tous que ces problèmes se posent dans leur entier, au sein de tous nos établissements et services :
Avec, en prime, de la culpabilité pour tous, parce qu’on a le sentiment aigu d’une diminution de qualité dans la prise en charge des usagers. Chaque professionnel se dit que c’est sa faute s’il n’y arrive pas, se demande s’il a les compétences pour trouver la bonne réaction et avoir le bon geste. Dans une récente étude de la Drees (publiée en août 2004), les salariés des hôpitaux publics et privés disent – et c’est un changement notable par rapport à l’étude précédente de 1998 – que :
Comme aux plus beaux jours du taylorisme, les salariés du sanitaire, du social et du médico-social, ont le sentiment de ne plus exister, d’être réduits à la tâche qu’ils exécutent et de n’être plus qu’un « coût » ou une contrainte. Cette déshumanisation du travail frise l’intolérable.
Yolande Briand Les interventions et témoignages :
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