mis à jour 15 octobre 2004

 

Conclusion par  Yolande BRIAND
(secrétaire générale)

Souffler
quelques lueurs !

 

Changer le travail est une des raisons d’être de l’action syndicale. C’est modifier son contenu, son organisation, mais souvent aussi, ses finalités.

Changer le travail, c’est également changer les rapports hiérarchiques, les rapports de pouvoir. Dans de nombreux établissements, les rapports hiérarchiques n’ont pas suivi les évolutions techniques et culturelles, empêchant ainsi la nécessaire transformation des rapports sociaux et le partage des responsabilités.

Changer le travail, c’est enfin changer le rapport de chacun au travail, permettre et encourager l’initiative personnelle et collective. C’est utiliser au mieux les compétences accumulées par les travailleurs, les faire participer à l’élaboration du projet de leur établissement, à son suivi et à son évolution. Cette participation est l’un des moyens de profonde transformation des relations dans le travail. C’est la véritable voie d’une démarche, qui allie motivation, responsabilité, progrès social et efficacité économique. 

Humaniser le travail, c’est la lourde tâche qui nous attend dans les mois qui viennent. Les enjeux sont considérables. Il nous faudra convaincre autour de nous – et d’abord les patrons – que ce qui améliore les conditions de travail, améliore la productivité.

Notre première tâche sera sans aucun doute de travailler à la sécurisation des parcours professionnels dans tout le sanitaire, le social et le médico-social et, ensuite, de le négocier. 

Nous avons les outils, nous avons les structures, il nous faut désormais trouver les bons leviers pour l’action.

À la recherche d’un second souffle sur les conditions de travail, nous devrons :

  • construire ensemble notre propre conception du changement ;
     

  • rejeter les modèles construits intellectuellement, pour faire, a priori, le bonheur des salariés malgré eux, parce que, directifs et rigides, ils génèrent de l’exclusion.

Alors seulement, nous pourrons choisir un chemin semé d’embûches, plus incertain et sans aucun doute plus difficile : celui de l’organisation qui s’ouvre aux individus et aux groupes, négocie, reconnaît la légitimité de tous… Pour construire de nouvelles règles du bien-vivre ensemble au travail.

Ainsi que l’écrit René Char : « Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière ».

Je vous propose dès maintenant de souffler sur ces lueurs.

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