François Chérèque venait de rencontrer jeudi le ministre du Travail et de la Santé Xavier Bertrand, auquel il a demandé "de revenir sur cette décision" de créer des ordres professionnels (infirmiers, kinésithérapeutes, podologues...) avec adhésion obligatoire.
Interrogé par l'AFP, le dirigeant syndical a qualifié d'"inadmissible" cette mesure résultant d'une loi de 2006 qui commence à entrer en application, soulignant que "tous les syndicats s'y opposent".
"Je lui ai dit qu'on allait peut-être lancer une opération de désobéissance civile s'il n'arrêtait pas ce racket financier", a-t-il ajouté. Le montant annuel de la cotisation est de 75 euros.
Ce dossier pose aussi un problème de respect du droit syndical, selon François Chérèque car "dans ces ordres qui pourraient décider de suspendre un infirmier ou un kiné, la représentation syndicale n'existe plus".
La CFDT, a-t-il affirmé, "soutient" les salariés "qui refusent d'adhérer" et, de ce fait, s'exposent au risque de "se retrouver en situation d'exercice illégal de leur métier".
Selon lui, dans des hôpitaux, "on fait du chantage à l'embauche en disant aux jeunes: +Si vous n'adhérez pas à l'ordre infirmier, on refuse de vous embaucher+".
François Chérèque a demandé à Xavier Bertrand, au minimum, de "soutenir", même si elle "n'est pas totalement satisfaisante", la proposition de loi du député UMP Yves Bur rendant facultative l'adhésion des salariés des professions paramédicales à un ordre.
En mai 2010, Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, s'était déclarée favorable à cette solution.
Accompagné de la secrétaire générale de la fédération CFDT sociaux-santé Nathalie Canieux, le dirigeant syndical a aussi abordé avec le ministre "la situation toujours critique" dans les hôpitaux publics, "secteur qui souffre le plus", selon lui.
"Il y a des tensions énormes à l'hôpital, en termes d'organisation, de conditions de travail, d'effectifs", ce qui génère "des risques sociaux", a-t-il mis en garde.
PARIS, 10 fév 2011 (dépêche AFP).

