Au-delà des
avancées obtenues par la CFDT, le dossier des retraites aura
permis de poser collectivement le problème de la conduite de
grandes négociations et de leur conclusion. Même si la CFDT n’a
pas failli à ses responsabilités, nous devons réfléchir ensemble
sur le type de syndicalisme et les valeurs que nous défendons -
solidarité, engagement, responsabilité - et sur le sens d’une
négociation et d’un compromis.
Le Bureau
national (BN) a listé quelques thèmes que nous allons
approfondir : les questions de stratégie et de calendrier ; les
rapports intersyndicaux (dans la construction du rapport de
forces) ; l’analyse de notre communication interne et externe -
avant, pendant et après. Au-delà, nous devrons traiter trois
problèmes de fond :
Pour la
CFDT, réformer, c’est faire le choix :
- du
réalisme - accepter les faits tels qu’ils sont et dresser le bon
diagnostic ;
- de la
responsabilité, en s’engageant publiquement, devant nos
adhérents et l’ensemble des salariés ;
- de la
capacité à être un acteur autonome.
Ce choix,
confirmé à Lille, est celui d’un syndicalisme de transformation
sociale qui veut déboucher sur des résultats, par les
propositions, la négociation collective et le rapport de forces.
Une telle
démarche n’est pas dans la culture sociale et politique de notre
pays. Au contraire, la désinformation ambiante entretient peur
et rejet, parce qu’il est plus simple de populariser un refus
que de développer un argumentaire détaillant un contenu
forcément complexe.
Le rapport
de forces est un élément essentiel de notre stratégie. Jamais
déconnecté des objectifs que nous poursuivons : « Dans sa
pratique, la CFDT inscrit sa propre conception du rapport de
forces : permanent, multiforme et finalisé avec des expressions
collectives qui donnent force et visibilité à toute action en
profondeur. […] Sa construction s’inscrit dans une stratégie…
Finaliser le rapport de forces, c’est lier en permanence sa
construction à des objectifs revendicatifs et à la production de
résultats. » (Congrès de Lille -1999).
Avec la
médiatisation externe immédiate, les militants se sentent, à
juste titre, dépossédés des résultats obtenus, n’ayant rien reçu
de leur syndicat. Nous devons diffuser, en temps réel, des
informations essentielles et mieux les impliquer tout au long
des processus de décisions.
Pour
autant, le BN pouvait-il encore attendre… et quoi ?
Attendre,
c’était quitter le terrain de la négociation et se retrouver
contraint à manifester contre la réforme, c’était laisser le
gouvernement faire ce qu’il voulait, c’était abandonner le débat
aux seuls politiques. Bref, c’était, changer de stratégie.
Un
compromis n’est jamais une fin en soi. Plus que jamais,
l’action est nécessaire pour aborder, dans les meilleures
conditions, les étapes suivantes, et investir ce nouvel espace de
développement.