mis sur le site le 26/06/03

Réfléchir ensemble

  

Au-delà des avancées obtenues par la CFDT, le dossier des retraites aura permis de poser collectivement le problème de la conduite de grandes négociations et de leur conclusion. Même si la CFDT n’a pas failli à ses responsabilités, nous devons réfléchir ensemble sur le type de syndicalisme et les valeurs que nous défendons - solidarité, engagement, responsabilité - et sur le sens d’une négociation et d’un compromis. 

Le Bureau national (BN) a listé quelques thèmes que nous allons approfondir : les questions de stratégie et de calendrier ; les rapports intersyndicaux (dans la construction du rapport de forces) ; l’analyse de notre communication interne et externe - avant, pendant et après. Au-delà, nous devrons traiter trois problèmes de fond :

  • La question de la réforme

Pour la CFDT, réformer, c’est faire le choix :

- du réalisme - accepter les faits tels qu’ils sont et dresser le bon diagnostic ;

- de la responsabilité, en s’engageant publiquement, devant nos adhérents et l’ensemble des salariés ;

- de la capacité à être un acteur autonome.

Ce choix, confirmé à Lille, est celui d’un syndicalisme de transformation sociale qui veut déboucher sur des résultats, par les propositions, la négociation collective et le rapport de forces.

Une telle démarche n’est pas dans la culture sociale et politique de notre pays. Au contraire, la désinformation ambiante entretient peur et rejet, parce qu’il est plus simple de populariser un refus que de développer un argumentaire détaillant un contenu forcément complexe.

  • Notre conception du rapport de forces

Le rapport de forces est un élément essentiel de notre stratégie. Jamais déconnecté des objectifs que nous poursuivons : « Dans sa pratique, la CFDT inscrit sa propre conception du rapport de forces : permanent, multiforme et finalisé avec des expressions collectives qui donnent force et visibilité à toute action en profondeur. […] Sa construction s’inscrit dans une stratégie… Finaliser le rapport de forces, c’est lier en permanence sa construction à des objectifs revendicatifs et à la production de résultats. » (Congrès de Lille -1999).

  • La question de la prise de décision

Avec la médiatisation externe immédiate, les militants se sentent, à juste titre, dépossédés des résultats obtenus, n’ayant rien reçu de leur syndicat. Nous devons diffuser, en temps réel, des informations essentielles et mieux les impliquer tout au long des processus de décisions.

Pour autant, le BN pouvait-il encore attendre… et quoi ?

Attendre, c’était quitter le terrain de la négociation et se retrouver contraint à manifester contre la réforme, c’était laisser le gouvernement faire ce qu’il voulait, c’était abandonner le débat aux seuls politiques. Bref, c’était, changer de stratégie.

Un compromis n’est jamais une fin en soi. Plus que jamais, l’action est nécessaire pour aborder, dans les meilleures conditions, les étapes suivantes, et investir ce nouvel espace de développement.

Yolande Briand
secrétaire générale

 
 

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