mis sur le site le 09/04/03

Réformer pour sauver les retraites par répartition

  

Certes, pour réformer les retraites, le contexte est loin d’être idéal. La situation économique est dégradée et incertaine, quant à la crise internationale, elle amplifie le degré d’incertitudes. L’ensemble pèse sur l’opinion : le moral des ménages est au plus bas et cette morosité alourdit le climat social.

Ce contexte laisse peu de marges de manœuvre et augmente en cascade les besoins de financement : assurance maladie, chômage (l’Unedic vient d’emprunter 4 milliards d’euros sur cinq ans), besoins de financement urgent de l’APA, etc. 

Le gouvernement voudrait pouvoir s’appuyer au maximum sur les travaux des groupes intersyndicaux de concertation pour bâtir sa loi sur les retraites. Mais les blocages d’une partie de l’intersyndicale l’ont conforté dans l’idée qu’il n’y a pas de consensus général possible. En effet, à quoi bon tenter de faire la réforme avec ceux qui annoncent déjà qu’ils la combattront.

Le 18 mars, un texte de synthèse sur les considérations et les principes généraux a été rédigé. Il servira de référence pour décider des mesures concrètes et, surtout, servira de base pour le préambule de la future loi. Notre analyse est que ce texte « Sur les principes et objectifs généraux » est un compromis qui ressemble sur bien des points à la déclaration intersyndicale. Il est même parfois plus précis. 

Nous avons obtenu l’affirmation de la défense solennelle de la répartition, ainsi qu’un cadre pour la solidarité, le pilotage et même la clarification du rôle de la protection sociale (CNAV). Dans les objectifs et moyens, nous avons fait intégrer un haut niveau de retraite et la garantie du pouvoir d’achat, la confirmation du droit à la retraite à 60 ans, une négociation interprofessionnelle et de branche sur la pénibilité (avec l’accord du Medef), la réforme de la compensation, et surtout, la prise en compte de la situation spécifique des salariés ayant travaillé pendant des durées particulièrement longues.

Comme nous l’avons toujours dit, nous voulons une réforme globale, concertée, et pas seulement pour la fonction publique. Nos trois priorités : le montant des retraites, la priorité aux basses pensions et le droit au départ anticipé pour les carrières longues.

Pour les fonctionnaires, les objectifs sont les mêmes. C’est dans ce cadre que se situent les contreparties à obtenir.

La CFDT ne participera pas aux manifestations organisées par ceux qui refusent toute réforme. Y participer, c’est parier a priori sur l’échec des négociations. La CFDT veut donner toute sa chance à la négociation et refuse de laisser le gouvernement décider seul du contenu de la réforme. 

Yolande Briand
secrétaire générale

 
 

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