mis sur le site le 12/07/02

Les médecins au pied du mur

 

L’accord signé entre la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et les médecins généralistes a permis de faire entendre les intérêts des assurés sociaux.

Alors qu’ils ont préféré dans un premier temps faire pression sur les politiques, les praticiens ont finalement fait le choix du dialogue social en acceptant de négocier avec la Cnam, présidée par Jean-Marie Spaeth (CFDT). C’est ce qui a permis de respecter les intérêts des assurés sociaux, sans hausse de la CSG et avec des contreparties. 

Le droit au remboursement par la Sécurité sociale est maintenu. L’accord conforte notre système solidaire d’assurance maladie, alors qu’une partie des médecins était tentée de sortir de la « Sécu » : si chaque médecin était libre de fixer son tarif, l’égalité d’accès à la santé et la garantie pour chacun de recevoir des soins de qualité disparaîtraient !

La hausse de la CSG pour financer l’augmentation des consultations est écartée. La CFDT y tenait, alors que tous les responsables politiques ont soutenu les 20 euros…

En contrepartie de cette revalorisation, les syndicats de généralistes se sont engagés pour la première fois à :

  • multiplier par quatre la prescription de médicaments génériques, moins chers, mais pourtant très peu utilisés en France ;
     

  • modérer la surconsommation d’antibiotiques, nuisibles à la santé ;
     

  • réserver les visites à domicile aux cas qui le nécessitent vraiment.

Ces mesures devraient permettre de financer l’augmentation de la consultation. Il faut en effet savoir que le passage à 20 euros coûtera 288 millions d’euros en 2002 et 500 millions d’euros en 2003. 

Cet accord constitue une chance  pour enrayer les maux qui minent notre système de santé :

  • pratiques médicales parfois laxistes ou inadaptées,

  • exigences des patients qui considèrent trop souvent la “ Sécu ” comme un “ droit de tirage ” sans souci de son coût pour la collectivité,

  • conflit permanent entre caisses, médecins et pouvoirs publics.

Les médecins sont maintenant au pied du mur pour restaurer la confiance, à partir de cet accord signé par la quasi-totalité des syndicats de généralistes. C’est à eux de démontrer qu’ils honorent leurs engagements.

Il leur faut respecter le contrat passé avec les assurés sociaux, faute de quoi la Sécu pourra suspendre, puis supprimer, sa prise en charge des cotisations sociales des médecins. 

Yolande Briand
secrétaire générale  

 

Fermer la fenêtre